En hiver, les étangs de Commelles paraissent plus calmes… et c’est justement ce qui les rend passionnants. Moins de feuillage, plus de silhouettes, plus de traces : la nature se laisse mieux observer, même quand on débute. Une balade pour apprendre à regarder, écouter, et découvrir que l’hiver n’est pas une saison vide — seulement plus discrète.

Aux étangs de Commelles, l’hiver a un avantage énorme : il rend les choses plus simples. Moins de feuillage, moins de “brouhaha” visuel… et donc plus de chances de voir, d’entendre et de comprendre ce qui se passe autour de soi. Même si on débute.

Ce matin-là, l’air est frais, mais agréable. Le sentier est tranquille, et l’eau est presque immobile. On pourrait croire que tout dort. En réalité, c’est l’inverse : la nature est là, mais elle ne s’annonce pas. Elle se dévoile à ceux qui prennent le temps.

Dès les premiers pas, le décor fait déjà le travail : de l’eau, des roseaux, une bordure de forêt. C’est exactement ce qu’aiment beaucoup d’animaux en hiver, parce qu’ils y trouvent trois choses essentielles : de quoi se nourrir, de quoi se cacher, et des endroits où se déplacer sans se faire repérer. Pour nous, c’est parfait : ça crée des “scènes” d’observation faciles.

Au bord du premier étang, on repère souvent un grand oiseau solitaire, immobile, posé comme une statue : le héron. C’est typiquement le genre d’observation hivernale qui marque, parce qu’elle est simple et nette. On comprend tout de suite une chose importante : en hiver, les animaux économisent leurs mouvements. Ils bougent moins, mais ils sont là. Il faut juste apprendre à repérer l’immobile.

Puis, il y a les oiseaux d’eau. Même sans connaître les noms, on peut déjà jouer à les reconnaître autrement : la taille, la forme, la manière de nager, de plonger, de se regrouper. Certains restent près des berges, d’autres préfèrent le large, certains plongent régulièrement, d’autres “filtrent” en surface. En quelques minutes, on commence à voir des différences. Et c’est ça qui est agréable : on progresse vite sans s’en rendre compte.

Sur les bords, dans les roseaux, on entend parfois des petits sons secs, des “tic” discrets, ou un frémissement rapide. Souvent, on ne voit pas tout de suite l’oiseau. Mais on sait qu’il est là. Et c’est une autre règle de l’hiver : on observe aussi avec les oreilles. Aux Commelles, l’eau porte les sons, et la forêt répond. C’est presque une salle de concert, mais en version naturelle et très subtile.

En continuant le long d’une berge, on tombe souvent sur ce que j’appelle des “petites preuves”. Une plume au sol. Une empreinte dans la boue. Des traces de passage au bord de l’eau. Rien d’extraordinaire, mais tout raconte quelque chose : qui est passé, dans quel sens, à quel endroit la nuit dernière ou tôt le matin. Après une pluie ou un gel qui fond, le sol devient un vrai livre. C’est le meilleur moment pour apprendre à regarder le sol autant que le ciel.

Et puis il y a un plaisir très simple, très “Commelles” : changer légèrement d’angle, et voir le paysage se transformer. En hiver, la lumière est basse. Si on a le soleil en face, on ne voit parfois que des silhouettes. Si on se décale de quelques pas et qu’on met la lumière dans le dos, les détails apparaissent : couleurs, formes, mouvements. C’est une astuce toute bête, mais elle change tout. Beaucoup de gens croient qu’ils “ne voient rien” alors qu’ils sont juste mal placés.

À certains endroits, le regard se lève naturellement vers la lisière de la forêt. Et là, on a souvent des scènes très vivantes : de petites troupes de mésanges et de petits oiseaux qui se déplacent ensemble, rapidement, comme une bande organisée. Ça bouge, ça s’appelle, ça inspecte les branches, ça fouille les écorces. C’est joyeux, efficace, et très facile à observer en hiver parce qu’il n’y a plus l’épaisseur des feuilles pour cacher tout ça.

Ce que j’aime particulièrement aux étangs de Commelles en hiver, c’est cette sensation de “lecture”. On n’est pas obligé de connaître les espèces par cœur. On peut juste apprendre à voir : l’eau qui rassemble, les bordures qui concentrent, la forêt qui protège, les traces qui révèlent. C’est une balade où l’on comprend vite que la nature n’est pas loin, et qu’elle n’est pas réservée aux experts.

Si tu veux, on peut vivre ça ensemble lors d’une sortie nature guidée : je te montre où regarder, quoi écouter, et surtout comment observer sans déranger. Et tu verras qu’aux Commelles, même en plein hiver, il se passe toujours quelque chose.